••• 1971: retour en France; j'entame le second cycle du secondaire à l'Institut Notre-Dame de Sainte-Croix, Neuilly s/Seine. Ayant précédemment vécu en France, la transition ne pose aucun problème. Plus

••• La musique n'est encore que l'objet d'écoute (et de fêtes) lorsque se produit une chose presque banale a priori: mon frère Idriss est bassiste dans un groupe de son lycée; inquiets de le voir se perdre dans un milieu propice aux hallucinogènes et autres substances, mes parents me chargent d'aller le retirer des griffes du diable. Et je vais à l'une de leurs répétitions, juste pour observer. Puis j'y retourne un autre jour, puis encore et encore. Je fais bientôt partie du groupe, en pure imagination: j'en deviens l'organiste, sans la moindre trace d'un orgue alentours; nous ne pouvons simplement pas encore nous en offrir un. Plus

••• C'est alors que mes parents achètent ... un piano droit. Ma réelle déception des débuts s'efface à mesure que je m'y consacre. Ma soeur et moi prenons des cours, pour quelques mois car il nous faut bientôt déménager. Mouni continue les cours pour un an ou plus; quant à moi, paresse ou impatience (ou les deux) me font suspendre les miens; ce qui naturellement est une erreur. On n'apprend jamais trop.

••• Mais plus embêtant encore, mon niveau en maths est des plus catastrophiques: la France s'est mise aux maths modernes bien avant l'Afrique, où mon niveau était déjà moyen. L'écart me semble bien trop large à combler lorsque j'entre en seconde C (scientifique). Le découragement ne tarde pas, enterrant à jamais mes rêves d'aviation. Je finis donc par une brillante Terminale ... littéraire.

••• Mais chaque fois que l'occasion se présente, je vais 'tâter' de l'orgue à la chapelle du lycée. Orgue d'église bien sûr. Les timbres suscitent des improvisations 'classiques', et j'adore ça. Plus

••• D'Afrique nous ramenons également cet amour sacré pour la danse. Qui dit danse dit basse, et qui dit basse dit danse. La basse confère à son joueur la posture scénique la plus élégante; elle reste la 'raison d'être' de tout rythme, la 'base' de toute pièce, le lien fondamental entre la musique et le corps du danseur. Plus

••• Puis c'est l'avènement des albums 'Talking Book' et 'Innervisions' de Stevie Wonder. Je fais de tous deux mes précepteurs, tant en écriture qu'en interprétation, réalisation, tout, pour de longues années. Je passe d'innombrables heures au piano, jusque dans l'obscurité, à déchiffrer toutes les intarissables merveilles que chaque écoute dévoile.

••• De groupe en groupe Idriss et moi finissons par tenter une expérience que nous appelons 'Kumba', avec le génial Alain Toko à la guitare. Répétitions interminables rue Montyon, Paris 9ème, dans une cave mal éclairée que Tony Leveillé, chanteur guadeloupéen, posséde. Répertoire constitué de reprises de Jimi Hendrix mêlées de quelques compositions afro-beat, que nous jouons aux fête de lycée et autres MJC (Maison des Jeunes et de la Culture).

••• Et un jour, Alain Toko et son frère batteur Brice Wassi nous font découvrir un disque qui boulversera une fois encore toutes mes conceptions pianistiques d'alors. La musique est à l'égale de la conception de la pochette, surréelle: l'album 'Thrust' de Herbie Hancock deviendra mon troisième précepteur pour longtemps.

••• Un job d'été me permet enfin de m'offrir mon premier clavier: un Hohner Electra Piano que je rachète au pianiste de jazz Nico Nissim. Plus

••• Mon camarade de classe Jerôme Thirriot nous rejoint bientôt aux percussions, ainsi que Jean Favreau au sax ténor, et ma soeur Mouni pour les voix. Chargé de la programmation du Théâtre 71 de Malakoff, Jean Favreau nous offre notre premier show 'professionnel'. Selon nos amis (qui constituent l'écrasante majorité de l'audience), c'est un bon show. Pour nous évidemment, c'est plutôt la dépression tant nous n'avons su qu'exhiber notre totale impréparation et ignorance des principes de bases de la scène.

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Wed, Mar 17, 2010

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